Les soins dentaires en Hongrie, ou les bons conseils de 36.9

 

Suivre les bons ( ?) conseils de Mme Moncada ( 36.9 du 7 janvier 2013, RTS) n’est pas toujours judicieux:
Jugez plutôt:
Un patient de notre cabinet, M. J-P M., lors d’un voyage en Hongrie, a eu la mauvaise idée de s’asseoir sur le fauteuil d’une clinique dentaire estampillée helvétique à Budapest en Hongrie. Il y accompagnait une de ses connaissances qui lui avait vanté les mérites des cliniques hongroises.
Une médecin-dentiste, la Dr Szabo, le reçoit, l’examine, lui fait une radiographie panoramique et lui explique qu’avec sa dentition, il risque de graves complications et des infections de la mâchoire.
Rendez-vous lui est donné pour le lendemain: on procède alors à l’extraction de 2 dents, dont un pilier de pont et à la dépose des obturations composites sur les collets de certaines dents, afin de « laisser respirer les dents » (sic!!!!).
Comme il fallait s’y attendre en consultant la radiographie en notre possession, une des extractions ( celle d’une dent dévitalisée) se complique très vite, la dent se cassant en de multiples petits morceaux.
Notre patient, qui décrit l’intervention comme une épouvantable boucherie, ressort de l’aventure avec 3 dents en moins, une perte osseuse importante suite à une extraction mal conduite et un devis pour une réhabilitation par implants, chirurgie des sinus et couronnes de 4830 Euros.
Et je ne parle ici ni de son désarroi ni de sa honte….
Commentaires:
La SSO ne cesse de le répéter : la santé n’est pas une marchandise : on n’achète pas un  traitement de panaris comme on achète des radis au marché !
Ainsi, contrairement aux affirmations alarmistes de notre consoeur hongroise, il n’y avait aucun risque d’infection ni de complications à la mâchoire. Une lecture erronée et une interprétation hâtive de la radiographie, ne tenant pas compte de l’historique du patient,  – qui a  par ailleurs  une excellente hygiène – , a conduit à une mutilation  grave et inutile de notre patient.
Bien plus, le devis hongrois est sensiblement plus élevé (plus de 2 fois) que les frais de maintenance prophylactique  que nous aurions pu proposer raisonnablement à notre patient pendant les 10 prochaines années.

 

Ce qu’il faut en retenir:
Faire confiance à son médecin-dentiste traitant, c’est économiser de la structure dentaire et de l’argent. C’est préserver sa dentition et conserver sa qualité de vie.
Céder aux sirènes de la « bonne affaire de Hongrie ou d’ailleurs », c’est risquer de perdre bien plus que sa mise de départ.